Les mers du Nord abritent une bombe à retardement
Le 30/12/2011 à 10h30 - Mer - 419 vues

Les mers qui entourent lEurope vont devoir affronter une nouvelle source de pollution. Des milliers de tonnes darmes chimiques y rouillent et risquent de fuir. Des études réalisées sur la mer Baltique cherchent à déterminer les éventuelles conséquences.
Nul ne sait précisément quelle quantité darmes chimiques sont dissimulées dans les vagues autour de lEurope.Dans la mer Baltique, les Alliés ont jeté par-dessus bord les munitions de la Seconde Guerre mondiale provenant des arsenaux allemands : au moins 40 000 tonnes, dont certainement 13 000 tonnes de substances toxiques. Un sixième de cette quantité suffirait à éradiquer toute vie dans la mer Baltique pendant une centaine dannées.
On sait déjà que du gaz moutarde, de la chloropicrine, du phosgène, du diphosgène et des substances à base darsenic sont contenus dans des douilles et des tonneaux qui tôt ou tard seront totalement rongés par la rouille. Impossible de savoir quand cela va se produire, mais cela va se produire!
Il y a dix ans, Alexandre Korotenko, un scientifique russe, prévoyait quentre 2020 et 2060, la corrosion serait si avancée que le poison séchapperait.
"Cest vrai, mais il est très peu probable que toutes les munitions rouillent en même temps", dit Jacek Beldowski pour relativiser.
"Dun côté, le poison séchappe, mais dun autre côté il est moins toxique quand il entre en contact avec leau", poursuit-il. "Les armes chimiques, qui sont dispersées sur un gigantesque territoire, sont confrontées à des conditions très différentes. Il y a même certains endroits où elles nentrent pas en contact avec loxygène et par conséquent ne rouillent pas." Le problème est donc essentiellement lincertitude. "Une seule chose sûre : ces prochaines années, la mer Baltique va connaître une nouvelle forme de pollution."




