Les oiseaux et les papillons paient l'addition de la dette
Le 27/01/2012 à 16h30 - Biodiversité - 891 vues
Mesurer limpact du changement climatique sur la biodiversité nest pas une tâche aisée. Menée par Vincent Devictor du CNRS de Montpellier, sous la coordination de Frédéric Jiguet du Muséum national
dHistoire naturelle de Paris pour les oiseaux, une étude montre pour la première fois que les oiseaux et les papillons répondent rapidement au changement climatique mais de façon retardée. Cette étude
est le fruit dune collaboration sans précédent avec de nombreux chercheurs européens. Elle est publiée cette semaine dans la revue Nature Climate Change.
En 20 ans, les températures ont augmenté en Europe de 1°C, décalant les températures de 249 km vers le Nord. Les papillons ont également « glissé » vers le Nord mais en accumulant un retard de près de 135 km sur les températures. Ce retard est encore plus grand pour les oiseaux, avec 212 km de décalage.
Cette étude, basée sur létude de 9490 communautés doiseaux et 2130 communautés de papillons, illustre à quel point les changements climatiques réorganisent rapidement et profondément la composition de la faune en Europe, avec dinquiétants décalages dans la réponse de différents groupes despèces. En effet, ces décalages laissent présager de profonds changements dans les réseaux dinteractions entre espèces et entre
groupes.
Ces chercheurs ont bénéficié de données récoltées par des milliers de naturalistes bénévoles, totalisant plus dun million et demi dheures passées sur le terrain depuis plus de vingt ans pour compter papillons et
oiseaux. Cette étude a en outre permis de valider un indicateur dimpact du changement climatique sur la biodiversité directement utilisable au niveau national et international.






